Notre vie

Je suis encore la en vie, je suis la tel un zombie qui passe ses journées a ne rien faire, en pyjama dans mon canapé, je me demande ce que me réserve l’avenir mais je ne veux pas le savoir a moins que ma vie en soit abrégé…j’envie toutes ces femmes enceintes, ces femmes qui elles vont avoir leur bébé dans leur bras et qui ne connaîtront pas toute ma souffrance, ces femmes qui ont accouché d’un bébé bien en vie alors que le mien est dans une urne sur la commode de notre chambre, oui pourquoi on nous a prit notre Tom, notre fierté, notre battant pourquoi le sort s’acharne encore deux fois en un an, pourquoi ? lui qui s’est tant battu qu’on a du lui retirer son respirateur pour qu’il meurt dans nos bras…

je hais tout le monde, tous ces gens heureux avec leur mioche, leur famille pendant que nous, on souffre tellement, on souffre comme ce n’est pas permis, l’avenir on en a pas, survivre n’est même plus d’actualité c’est pire que ça…

Il s’en ai passé des choses depuis le décès de mon amour, de mon Tom, de mon bébé espoir tant aimé qui me manque tellement. Perdre son bébé espoir c’est perdre tout espoir en la vie, lui seul pouvait nous rendre heureux, lui seul nous avait permis de remonter la pente, oui Tom était notre espoir, notre avenir et notre futur, sans lui nous ne sommes plus rien, nous sommes anéantis, désespérés…Ne me dites pas que l’avenir sera meilleur a moins d’avoir perdu vous aussi un bébé espoir ….j’ai été hospitalisé 3 semaines après le décès de mon amour, oui si j’avais pu crever lorsque j’étais sur le billard pour une cœlioscopie (car fièvre et peur des médecins d’une péritonite ou d’une septicémie) mais non voyons j’ai oublié de prier cette conasse de sainte Rita (oui tous les jours je l’ai prié, même plusieurs fois par jour, je l’ai supplié a chaque contractions de me laisser mon Titi en vie, que j’avais déjà perdu Alex et Gabriel et qu’il fallait qu’elle nous vienne en aide, que Tom était notre survie, et même mon mari qui est athée l’a prié, oui alors qu’on me parle pas de religion, plus jamais), j’ai pensé a mes fils juste avant de m’endormir, si j’avais pu ne jamais me réveiller je serai sans doute auprès d’eux aujourd’hui…avant d’aller au bloc ma soeur m’a appelé je lui ai dis que si j’y restais je serai heureuse près de mes garçons, qu’il ne fallait pas qu’elle soit triste et elle s’est mise a pleurer quant a maman elle était en larmes quand je suis parti au bloc, la tante de mon mari me voyant passé en larmes aussi courrait après le brancard pour me dire de penser a de jolies choses…au bloc une infirmière a été adorable, une femme grande avec une carrure assez impressionnante, de long cheveux gris enfin au premier abord pas très aimable et pourtant, l’équipe a été adorable, je leur avais fais part de mon appréhension a avoir le tuyau dans la bouche a mon réveil alors ils me l’ont retiré avant que j’ouvre les yeux, cette femme m’a caressé le front jusqu’a ce que je m’endorme, d’une gentillesse, dans cette hôpital pour la majorité du personnel ils sont attentionné, et sympathique chose que j’ai signalé a Dr G qui est le chef de service car quand j’ai été transféré a l’hôpital ou était Tom c’était des incompétents, désagréables, je n’avais jamais vu cela pourtant j’ai fais 3 services de gynécologiques différents et a cause de ces imbéciles j’ai du repasser au bloc, j’ai vu le médecin 1 fois le jour de ma sortie qui voulait me garder, ben oui qui allait s’occuper de mon Tom hein ? je devais être la pour lui, nous avons été le voir tous les jours a la morgue, je l’ai embrassé, moi qui n’avais pas osé voir mon père mort, j’ai pu voir mon fils et heureusement, ça ne pouvait pas être pire que de le voir mourir dans nos bras, le voir partir….son coeur a mit 1H30 avant de s’arrêter de battre,il était inconscient mais on a continué a lui parler, a l’embrasser, c’est abominable, les médecins nous avait expliqué toutes les étapes de la mort, des sursauts éventuelles, du changement de couleur de la peau, enfin des choses qu’on aimerait ne jamais connaitre, je ne pensais même pas qu’on pouvait parler de cela a des parents, leur demander comment et quand on voulait que ça se passe, c’est affreux, comment on peut se relever après cela, on ne peut pas????

Se battre pourquoi ? Depuis 2011 on se bat pour avoir un bébé en VIE et pour le moment la pma nous a donné 3 magnifiques bébés décédés, j’ai un col qui ne supporte pas le poids d’un bébé et même avec un cerclage je n’arrive pas a terme alors les médecins ont parlé d’un cerclage définitif a mon mari, celui ci nécessite une anesthésie générale et se retire jamais et l’accouchement est obligatoirement par césarienne, mais pour le moment ce n’est pas la question, même Dr G refuse de m’en parler, ayant eu une césarienne je dois laisser mon corps au repos du moins je suppose, de toute façon niveau santé j’ai toujours une infection et mes plaquettes sont au dessus de la normal, je suis restée 1 mois et demi sous antibio et dernièrement Dr G voulait me faire hospitalisé au service infectieux chose que j’ai refusé…Dr G me dit que je dois laisser le temps panser mes blessures lorsque j’avais évoqué que plus tard je voudrai qu’on parle de ce qu’il s’est passé même si je sais très bien le problème, il m’a dit dans quelques mois….de toute façon la n’est pas la question, pour Alex et Gabriel la seule chose qui nous a permis de nous relever c’est d’avoir un bébé espoir c’était le seul moyen, le seul avec la reprise de la pma quelques mois plus tard, sauf que cette fois ci je ne l’envisage même pas, l’an dernier ça m’obsédais si bien que chéri avait appelé la pma 1 mois après le décès de mes petits car je me disais qu’il me fallait reprendre pour espérer être un jour heureux, aujourd’hui je suis terrifié, si mal, que je vais devoir consulter un professionnel, je n’aurai pas le choix, j’ai besoin d’aide même si je sais que ça me servira a rien, il me faut des cachets pour dormir, pour arrêter de penser…J’ai tellement cru a ma grossesse si mal parti au début avec mes pertes de sang que la descente aux enfers est bien la, Tom était un beau bébé, il m’a beaucoup apporté, tant de bonheur lorsqu’il serrait nos doigts, lors du peau à peau, j’ai tellement espéré malgré qu’on le savait condamné, j’avais espéré que les médecins n’avaient pas les bons clichés, les miracles ça n’arrivent qu’aux autres, suis je bête…IL nous manque tellement, je n’ai jamais vu mon mari autant pleuré que pour son Tom, il est anéanti, il s’en ai occupé chaque jour a l’hôpital, comme on ne pouvait le toucher les premiers jours, il lui parlait, lui disait qu’on l’aimait si fort, qu’on était fier de lui, une fois j’ai dis a Titi qu’une fois rentré a la maison que notre toutou l’attendait et que j’étais tellement folle de lui, qu’il ferait tout ce qu’il voudrait, que je lui achèterai tout ce dont il aurait envie, que je ne pourrais pas résister a le rendre heureux et a ce moment la, il a ouvert ses yeux mon Titi, nous savons très bien qu’il ne comprenait pas mes paroles mais ça nous a fais tant sourire…Je donnerai tout pour pouvoir embrasser ses jolies petites joues toutes rondes, je souhaite son portrait dans le salon mais mon mari préfère attendre encore un peu, ça le rend trop malheureux de le voir.

Le service ou Tom a été transféré a été formidable que ce soit les médecins ( bien que cruel dans leur propos mais avaient ils le choix ?) que les infirmières toutes douces avec ces si petits bébés, si gentilles…Je sais au moins qu’il aura été bien pris en charge et c’est important. Il nous manque tellement notre petit amour, encore une fois il n’y a pas de mots.

 

7 réflexions sur « Notre vie »

  1. Zabou… Bien évidemment je n’aurais pas les mots, rien ne me semble opportun, si ce n’est de te dire que j’ai souvent pensé à vous, des sanglots plein la gorge. Je n’ai aucune idée de ce que vous avez vécu, comme je l’ércrivais à ILGC c’est innommable, inconcevable. Je suis impressionnée par votre courage… J’aimerais te dire tant de choses mais au risque de basculer dans la maladresse je préfère m’abstenir. Je me permets donc de te prendre dans mes bras de loin… Même si j’ai hélas conscience que c’est bien peu de choses 🙁
    Toutes mes pensées vous accompagnent.

  2. Parfois les mots sont vains. Je n’ai pas vécu ce que tu as vécu, pourtant, j’imagine parfaitement toutes les émotions que ça soulève, ayant été confrontée au deuil dans ma jeunesse. Colère si légitime, peur d’aujourd’hui et de demain, chagrin infini… Comment se relever? Je ne crois pas qu’il y a une recette magique. On dit que le temps fait son oeuvre, mais quand on est en PMA, le temps qui passe en rajoute à l’angoisse…
    Je pense en effet que demander de l’aide est essentiel. Même si tu as l’impression aujourd’hui que personne ne pourra t’aider, je pense que mettre des mots sur tes maux et expulser tout ce que tu ressens sans aucune censure ne pourra qu’alléger un peu ta valise si lourde de chagrin.
    Je voudrais te dire, en espérant ne pas être maladroite, que si aujourd’hui tu ne crois plus en un avenir heureux, je me permets quand même d’y croire pour vous. Si tu n’as plus la force d’espérer, on espèrera pour vous…

  3. J’ai la gorge serrée et en même temps je suis « heureuse » de lire que tu es là. Ce que vous avez vécu est d’une telle violence, personne ne devrait avoir à vivre la mort de ses enfants coup sur coup.
    Quand on perd un enfant une partie de notre âme est dans la mort à tout jamais, et il vous faudra beaucoup de temps et beaucoup d’amour pour réinvestir la partie vivante de vous même. Je vous souhaite vraiment d’y arriver, même si aujourd’hui je comprends que tu n’y croie pas.
    Prenez le temps, prenez soin de vous et laissez vos proches prendre soin de vous également (s’ils sont suffisamment compréhensifs pour ne pas être trop maladroits).
    Je t’embrasse fort…

  4. Je suis terriblement gênée de te laisser un message… je me sens illégitime sur ton blog. Et en même temps j’ai si souvent pensé à toi…
    Je ne sais quoi écrire car sans avoir vécu vos épreuves il est impossible de trouver les mots…
    Juste je voudrai que tu saches que quelque part, il y a quelqu’un qui pense à vous et qui aimerait tellement pouvoir apaiser votre douleur…

  5. Zabou, je viens de lire tes deux derniers post, et les mots ne viennent pas.
    Je suis en larmes.
    Touchée en plein cœur.
    Je n’ai même pas pu lire jusqu’au bout certains passages tellement ils étaient douloureux. Mon Dieu, autant de souffrance.
    Pourquoi le sort s’acharne… j’aimerai tellement apaiser ta peine…

  6. zabou, je ne me sens pas légitime de venir d’écrire sur ton blog que je suis depuis peu. Je t’ai connu sur le site des petits anges aux paradis suite à l’envol de mon ange. Je te lisais chaque jour. Ta douleur est immense et ton chagrin si inconsolable que je comprends terriblement ton envie de rejoindre tes garçons, Tom, Alex et Gabriel. J’ai aussi envie de rejoindre mon petit homme très souvent, mais la vie ne m’emporte pas dans mon sommeil et chaque matin, mes yeux s’ouvrent.

    Je pense fortement à toi et ton mari et j’embrasse tendrement tes petits anges si tu me le permets.

  7. Bonjour,

    Je tombe sur votre blog par hasard. Votre douleur reflète la mienne car j’ai perdu 3 petits garçons à la fin du 2eme trimestre dans des conditions très similaires (gros problème de col).
    La 3ème grossesse, j’avais pourtant un cerclage simple mais selon les médecins mon col était tellement faible que le poids de poche des eaux et de bébé ont été plus forts…..Je pense toi les jours à mon petit Hugo décédé dans mes bras après 1h30. Ils étaient si beaux mes fils et les autopsies ont montré que tout était « normal » de leur côté.

    Oui j’ai voulu mourir.

    Aujourd’hui je suis enceinte pour la 4ème fois avec un cerclage définitif. J’ai pour la 1ère fois atteint 28 sa sans aucune complication ni autre traitement que ce cerclage définitif. Je n’ai jamais été aussi loin et si mon bébé naissait aujourd’hui il aurait d’excellentes chances de survie en néonatalité. Mais les médecins sont confiants pour que j’aille à terme avec ce cerclage.

    J’avais aussi développé des infections lors de 2 de mes pertes mais les médecins m’ont dit que c’est le problème de col qui a permis aux germes de remonter et a créé l’infection donc pas de traitement spécifique si le col est définitivement fermé.

    Pour moi ce cerclage est un miracle même si je pense tous les jours à mes fils que j’ai tenu dans mes bras, embrassé et tant aimés.

    Bon courage à vous.

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